"La défiance est mère de sûreté."
Aristophane (-450 / -386)

Les règlementations internationales maritimes

Afin de limiter les rejets nocifs pour la santé humaine (et animale) des navires lorsque en escale dans les ports européens, mais aussi nord-américains, les Américains, puis les Européens, et enfin l'Organisation Maritime Internationale ont adopté des textes contraignants pour limiter les rejets de CO², de SOx (oxyde de souffre) et de NOx (oxyde d'azote). Mais... Lire la suite...

Pollution de l'air contre Pollution de l'eau

Mais les pays ayant déjà eu du mal au sein de l'OMI à se mettre d'accord sur les seuils de rejets dans l'atmosphère à ne pas dépasser pour chaque matière nocive, ils ont purement et simplement oublier de légiférer sur d'une part la manière, et d'autre les part les conséquences néfastes à éviter à toute fin, afin de rendre cette législation contre les rejets atmosphériques bénéfiques pour tout le monde, c'est-à-dire in fine, notre planète. Cette nouvelle légilsation est connue en tant qu'IMO III et est entrée en application au 01er janvier 2020.

Cette absence de cadre juridique "à l'autre bout" n'a bien évidemment pas échappé aux pays comme aux entreprises qui n'ont pas tardé à adopter des solutions techniques pour limiter les rejets atmosphériques, conformément aux objectifs fixés par ce nouveau cadre juridique. Mais les polluants qui n'étaient plus autorisés dans l'air... se sont retrouvés rejetés directement dans le milieu marin, voire dans nos fleuves ou nos baies, fonction de la position de nos ports en Europe.

 

La Pollution de l'eau se "voit moins" que la pollution de l'air

Comment en est-on arriver à pareil résultat ?

Pour limiter les rejets dans l'atmosphère, mais aussi limiter le coût financier du recyclage de ses polluants captés, les industriels ont mis au point pour les compagnies maritimes des systèmes de filtrage des fumées des navires qui pouvaient aussi bien être ajoutés à posteriori aux dizaines de milliers de navires déjà en circulation sur nos océans, comme aux nouveaux navires commandés aux chantiers de construction.

Ce système fonctionne comme une douche. Les gaz d'échappement entrent dans une chambre sous pression en bout de course juste avant le conduit de cheminée final et sont lavés avec une solution qui ressemble chimiquement au produit de nos laves-glaces. Sauf que "sur terre" la formule de nos laves-glaces a du être adaptée pour ne plus polluer le bord des routes, nos campagnes, nos jatdins, etc... alors "qu'en mer" elle ne s'applique pas. Ces chambres de lavage des fumées s'appellent des "scrubbers".

Une fois lavés des CO², SOx et NOx, les gaz sont donc dans la fourchette fixée par le nouveau cadre législatif connue en tant qu'IMO III. Ils peuvent donc être rejetés dans l'air.

Mais comme IMO III ne dit absolument pas comment on doit détruire les rejets ainsi récupérés par le système de filtrage, certaines entreprises et certains pays se sont mis d'accord pour faire en sorte que ces "eaux de lavage" partent directement "à la mer". C'est l'affrontement entre les "open-loop scrubbers" (eaux de lavage à la mer) et les "scubbers" qui nécessitent quasiment à chaque voyage transocéanique de vider les bacs de rétention des eaux de lavage des chambres. Et donc de payer pour leur destruction par des centres agréés. Ce qui in fine ne manque pas de produire une inévitable mais très classique "distorsion de concurrence".

 

En attendant, la planète trinque

Les scientifiques n'ont pas tardé à pointer du doigt les effets néfastes de ces rejets directs dans nos océans. La solution de lavage chargée en CO², SOx et NOx contribue à l'accélération drastique de l"acidification de nos mers et océans... dont la principale cause est...la pollution du cycle de l'eau par l'activité humaine.

A terre cette pollution du cycle de l'eau se traduit par deux phénomènes distincts :

1- les rejets, accidentels ou pas, de produits chimiques dans nos cours d'eau qui, comme chacun le sait, arrive tôt ou tard dans nos mers et océans,

2- le lavage de l'atmosphère chargé en polluants par les pluies, neiges, moussons qui renvoient sur terre et en mer tout ce que nous expulsons dans l'air.

 

La vie marine n'aimant pas plus que la vie terrestre l'acide, la conséquence directe est une raréfaction de la vie dans les zones proches des côtes en général et en particulier dans les baies des grands fleuves de notre planète. Le fleuve le plus pollué de la terre étant le... Citarum qui coule en... Indonésie.

 

Certains ports créent de toute pièce une nouvelle filière

Excepté dans la Croisière maritime où les paquebots modernes sont équipés de chambre d'incinération des déchets, sur les navires de commerce il existe déjà une filière de récupération des poubelles de l'équipage ainsi que des boues inhérentes à l'utilisation de fioul lourd par la motorisation principale des navires. Voire les résidus de transport de pétrole brut.

Il faut donc maintenant généraliser les moyens de récupérer les "eaux de lavage" des scrubbers, principalement par des barges à l'image de celles qui ramassent déjà les boues.

Tout comme certains ports ont investit massivement pour offrir aux paquebots un branchement électrique sur le réseau électrique terrestre de manière à leur permettre de stopper leur motorisation principale (et donc ses rejets dans l'atmosphère urbaine) le temps de leur escale dans ledit port. Contrairement aux autres initiatives, le coût de celle-ci n'est pour l'instant qu'excessivement rarement répercutée à l'armateur de paquebots.

 

Mots-clés: OMI - MARPOL

Imprimer